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Circulaire
DMOS/E1/DGS/DGAS, n° 2002-269 du 18 avril 2002 relative à
l'accompagnement des parents et à l'accueil de l'enfant lors de l'annonce pré et postnatale d'une maladie ou d'une malformation |
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NOR : MESH0230258C
BO 2002-21 du 20 au 26 mai 2002
(Texte non paru au Journal officiel)
Date d'application : immédiate.
Textes de référence :
Circulaire du 29 novembre 1985 relative à
la sensibilisation des personnels de maternité à l'accueil des
enfants nés avec un handicap et de leur famille ;
Arrêté du 30 septembre 1997 relatif au consentement de la femme
enceinte, à la réalisation des analyses mentionnées à
l'article R. 162-16-1 du code de la santé publique ;
Article R. 162-17 du code de la santé publique.
Texte abrogé : circulaire du 29 novembre
1985.
La ministre déléguée à la famille, à l'enfance
et aux personnes handicapées, le ministre délégué
à la santé à Mesdames et Messieurs les directeurs des agences
régionales de l'hospitalisation (pour exécution) ; Mesdames et
Messieurs les préfets de région ; direction régionale des
affaires sanitaires et sociales (pour information) ; Mesdames et Messieurs les
préfets ; direction départementale des affaires sanitaires et
sociales (pour information) La naissance d'un enfant handicapé a longtemps
été perçue comme une fatalité. Au cours des années
quatre-vingt, le développement des techniques au service de la médecine
foetale a rendu possible l'essor du diagnostic prénatal. Ces progrès,
conjugués à ceux de la génétique et de la biologie
moléculaire, permettent de dépister encore plus précocement
et plus largement les anomalies de développement ou les maladies potentiellement
génératrices de handicap. De ces avancées médicales
est née l'illusion que tout est désormais dépistable et
donc évitable. Par ailleurs, les progrès de la réanimation
néonatale ont conduit les familles et les professionnels à se
poser des questions éthiques compte tenu des survies obtenues grâce
au progrès médical mais au prix parfois de handicaps lourds. Ces
situations posent la question de l'interruption médicale de grossesse
et du recours aux techniques de réanimation. Elles soulèvent de
nouveaux problèmes éthiques, portant sur le sens de la parentalité,
la place des personnes handicapées dans notre société,
la liberté de choix des parents. Un accompagnement médical, psychologique
et humain pour assurer une sécurité médicale et psychologique
maximale s'impose alors.
Parallèlement les difficultés d'élaboration du processus
d'attachement sont mieux connues des cliniciens : quelles incidences les perturbations
de l'enfant, à tous les stades de son développement, entraînent-elles
sur la construction des relations parents-enfant ? Avec quelles conséquences
pour les parents, la fratrie, la société ? Comment prendre en
compte les difficultés d'acceptation de l'enfant différent d'une
part, et les conséquences d'une interruption médicale de la grossesse
d'autre part, sur l'équilibre du couple, de la famille et sur l'accueil
des enfants à venir ? De leur côté, les personnes en situation
de handicap et leurs familles regroupées en associations, font valoir
la dignité de l'être humain handicapé, le droit à
la différence et revendiquent l'intégration sociale pleine et
entière qui leur est due. Ces situations deviennent dès lors de
plus en plus complexes à aborder et ne peuvent être examinées
que dans une suffisante transdisciplinarité et dans un absolu respect
des personnes concernées et de leur avenir. L'accompagnement de la famille
à la fois en souffrance et en devenir et l'humanisation de l'accueil
requièrent formation, organisation, temps et réflexion.
Ces éléments ont présidé à la rédaction
de la présente circulaire qui se substitue à celle diffusée
en 1985.
LE CONTEXTE DE L'ANNONCE
La révélation aux parents d'une pathologie chez
leur enfant est un moment particulièrement difficile. L'ensemble des
études montre en effet que les parents, confrontés à un
enfant différent de celui qu'ils avaient imaginé, sont profondément
affectés. Ils éprouvent au moment de l'annonce tout à la
fois des sentiments de révolte, d'injustice, de désespoir et de
culpabilité. Les conditions dans lesquelles les parents ont appris la
déficience de leur enfant peuvent influer sur son évolution, celle
de la vie familiale, et sur les relations avec les professionnels. Lorsqu'elle
intervient pendant la grossesse, la révélation conduit les parents
à anticiper le devenir de leur enfant et à assumer, le cas échéant,
des choix déterminants.
L'extrême diversité des maladies et des malformations, ainsi que
l'incertitude de certains diagnostics et surtout des pronostics, compliquent
la tâche des soignants confrontés à cette situation tant
durant la période prénatale que postnatale.
La mise en évidence d'une anomalie en période prénatale
présente un certain nombre de spécificités : absence physique
de l'enfant, limitation du temps pour élaborer la décision et
possibilité d'interrompre légalement la grossesse.
A la naissance, le contexte est autre : le bébé est là
mais l'attachement des parents à leur enfant est encore fragile. Même
si l'anomalie était déjà connue, la réalité
peut être difficile à affronter. Contrairement aux idées
reçues, les méthodes de diagnostic prénatal ne permettent
pas de tout déceler et la découverte, à la naissance, d'anomalies
non dépistées in utero suscite encore plus de désarroi
et d'incompréhension. Les parents mais aussi la fratrie doivent également
être accompagnés et soutenus.
I. - ANNONCE PRÉNATALE
A. - Des circonstances diverses de découverte
Avant de mettre en oeuvre un diagnostic prénatal, le
praticien doit être attentif aux désirs réels de chaque
couple, désirs qui sont d'ailleurs susceptibles d'évoluer dans
le temps. Certains parents ne souhaitent pas connaître à l'avance
les anomalies dont pourrait être porteur leur enfant. D'autres veulent
en être informés pour se préparer à mieux l'accueillir.
D'autres, enfin, expriment d'emblée leur souhait d'interrompre la grossesse
en cas d'anomalie.
En l'absence d'antécédents particuliers, la probabilité
de découvrir une anomalie chez un enfant à naître est faible.
De ce fait, les parents attendent du dépistage prénatal un résultat
favorable. Chacune des phases de prescription, de réalisation et d'annonce
des résultats de tels examens s'accompagne d'une information approfondie.
En effet, suspecter une anomalie foetale devant le résultat d'une échographie
ou d'un test biologique soulève de très fortes émotions
chez les parents.
Lorsqu'il existe des antécédents familiaux, la consultation médicale
de conseil génétique préalable à la grossesse ou
réalisée à son début permet de prévoir la
survenue éventuelle d'une pathologie dont la probabilité d'une
récurrence est souvent non négligeable.
B. - Principes de l'annonce prénatale
Selon les circonstances dans lesquelles est découverte
ou suspectée une anomalie foetale, l'annonce sera faite en respectant
certains principes.
Les parents veulent la vérité et y ont droit. Ils attendent des
médecins une attitude humaine et sincère. Ils n'admettent ni le
silence ni le discours fuyant.
Les spécificités liées au type d'examen doivent être
prises en considération
La découverte d'une anomalie pendant la grossesse se fait soit à
la suite des analyses de cytogénétique et de biologie pratiquées
en vue d'établir un diagnostic prénatal, soit lors d'une échographie.
Si les résultats des examens de dépistage (mesure de l'épaisseur
de la nuque foetale et analyse biochimique des marqueurs sériques) conduisent
à la suspicion d'une anomalie chromosomique, des analyses cytogénétiques
seront prescrites pour la confirmer ou l'infirmer.
L'annonce du résultat d'un examen biologique
La prescription des analyses réalisées pour établir un
diagnostic prénatal est précédée d'une consultation
médicale et parfois même d'une consultation spécialisée
de conseil génétique qui a pour but d'apporter à la femme
et au couple une information compréhensible sur les caractéristiques
des pathologies, sur les risques inhérents au prélèvement
et sur l'évaluation des risques pour l'enfant à naître.
Cette consultation permet au médecin d'aborder l'ensemble des éventualités,
y compris celle d'un résultat défavorable. Les comptes rendus
de ces analyses ne peuvent être remis à la femme enceinte que par
le médecin prescripteur.
Lorsqu'une anomalie est mise en évidence, le médecin informe à
nouveau les parents sur les conséquences prévisibles chez l'enfant
à naître et organise l'accompagnement du couple en liaison avec
le centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal.
L'annonce d'une anomalie constatée à l'échographie
La découverte d'images anormales lors de l'examen place le professionnel
dans une situation délicate. En effet, les premières informations
doivent être communiquées en prenant le temps d'expliquer ce qu'il
constate, de répondre aux questions qui lui sont posées. Selon
les constatations de cette première consultation d'échographie,
soit le médecin propose un second rendez-vous au couple pour réaliser
un examen de contrôle, soit il prend contact avec l'équipe du centre
pluridisciplinaire de diagnostic prénatal pour fixer une consultation.
L'expérience des professionnels témoigne qu'une relation de confiance
s'établit généralement entre le couple et le praticien
qui a découvert l'anomalie. Maintenir cette relation durant une période
difficile pour le couple peut l'aider à surmonter le choc de l'annonce.
Les premières informations doivent être rapidement confirmées
ou infirmées
Afin de ne pas laisser le couple dans l'incertitude, il est indispensable que
les investigations complémentaires soient réalisées dans
les meilleurs délais.
Les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal ont été
créés pour favoriser l'accès à l'ensemble des activités
de diagnostic prénatal et assurer leur mise en oeuvre. Ils constituent
un pôle de compétences cliniques et biologiques au service des
patients et des praticiens. Ils donnent des avis et conseils, en matière
de diagnostic, de thérapeutique et de pronostic.
Pour assurer ces missions, ils sont constitués d'une équipe composée
d'un gynécologue obstétricien, d'un praticien ayant une formation
en échographie foetale, d'un généticien et d'un pédiatre
néonatologiste. A ces spécialistes sont associés d'autres
praticiens dont un psychiatre ou un psychologue ainsi que des spécialistes
des pathologies suspectées.
Le travail en équipe permet d'éviter les avis divergents qui traumatisent
les parents. La communication entre les divers spécialistes de ces centres
et entre ceux-ci et le médecin traitant constitue pour les parents un
soutien fondamental. Il est indispensable que les parents perçoivent
un intérêt et une cohérence entre les membres de l'équipe.
Les informations successives sont délivrées par un médecin
référent, le plus souvent l'obstétricien, qui est l'interlocuteur
privilégié et permanent des parents.
Il peut être proposé aux parents de compléter leur information
en entrant en relation avec des associations de parents d'enfants handicapés.
Lorsqu'il apparaît que l'enfant est atteint d'une affection grave reconnue
comme incurable au moment du diagnostic, la femme peut demander une interruption
médicale de grossesse. Le dialogue avec l'équipe permet à
la femme de disposer de toutes les informations nécessaires à
sa décision.
Les parents peuvent également souhaiter que la grossesse se poursuive,
même si leur enfant est atteint d'une affection grave.
Dans toutes les circonstances, un accompagnement des parents est réalisé,
soit par l'équipe du centre de diagnostic prénatal, soit par l'équipe
obstétricale qui suit habituellement la femme pour éviter toute
sensation d'abandon, de dévalorisation et de culpabilité.
Lorsque l'anomalie suspectée n'est pas confirmée, l'accompagnement
tout au long de la grossesse doit prendre en compte l'inquiétude suscitée
par la suspicion initiale.
C. - Le soutien et l'accompagnement des parents avant la naissance
L'état de choc peut empêcher les parents d'entendre
les informations qui leur sont données et d'entamer une réflexion.
Ainsi, pendant cette période, il est illusoire d'espérer leur
apporter d'emblée une information complète, l'écoute est
essentielle. De même, il est prématuré de leur demander
de prendre une décision. Il faut poursuivre le dialogue, répéter
les réponses aux mêmes questions, laisser s'exprimer leurs émotions.
Ils doivent pouvoir disposer d'un temps suffisant de réflexion et d'expression.
Quand une interruption médicale de grossesse est réalisée,
le travail de deuil ne peut s'appuyer que sur une réalité donnée
à l'enfant.
II. - ANNONCE POSTNATALE
A. - Diversité des situations
Quel que soit le diagnostic, toute situation où l'enfant
naît avec des difficultés ou des déficiences particulières
induit, tant chez les personnels de maternité ou de néonatologie
que chez les parents, l'idée d'un handicap possible. Cependant, il est
important de ne pas parler d'emblée de handicap.
La diversité des situations auxquelles les professionnels peuvent être
confrontés (pathologie ou malformation évidente, facteur de risque)
justifie de mettre en oeuvre une prise en charge personnalisée.
Quels que soient le moment de l'annonce, la nature et la gravité de l'anomalie,
la manière de communiquer le diagnostic aux parents est déterminante
pour l'avenir de l'enfant et de sa famille.
B. - Principes de l'annonce à la naissance
Si chaque équipe doit trouver elle-même la réponse appropriée à chaque situation particulière, quelques principes généraux doivent guider les professionnels pour soutenir et orienter les parents.
1. Aménager les conditions de l'annonce initiale
Il s'agit de choisir avec soin le moment et le lieu de l'annonce.
Il est nécessaire que ce soit un médecin expérimenté
qui prenne la responsabilité d'annoncer le diagnostic, conférant
ainsi toute la valeur accordée à l'enfant et à sa famille.
Il est souhaitable, en outre, que ce praticien soit accompagné par un
autre soignant, afin d'assurer la cohérence du discours, la diversité
de l'écoute et la continuité dans le soutien. Dans la mesure du
possible, cette annonce doit être faite aux deux parents ou en présence
d'une personne proche de la mère en respectant les conditions d'intimité
nécessaires afin qu'ils puissent exprimer leurs émotions. Enfin,
l'expérience montre que la présence du bébé auprès
de ses parents à ce moment-là lui permet de prendre sa place d'enfant
malgré ses difficultés. Dès ce moment, le regard attentif
et respectueux porté par les soignants sur l'enfant, quel que soit son
état, peut aider les parents à l'accepter tel qu'il est.
Toutefois, dans certaines situations (anomalies évidentes, pathologies
graves nécessitant réanimation et transfert, interrogations des
parents), un entretien en urgence est nécessaire ; il conviendra alors
de le réaliser en s'approchant du schéma précédemment
décrit.
Il est par ailleurs indispensable que les personnes chargées de l'annonce,
soit dans le service de maternité, soit dans le service de néonatologie,
se rendent disponibles tout au long du séjour pour répondre aux
questions que les parents formuleront.
2. Communiquer autour des certitudes et des incertitudes
Lorsque le diagnostic peut être posé, on l'expliquera
en des termes accessibles aux parents, en s'adaptant à leurs questions
et en insistant sur la variabilité d'expression de la maladie et du handicap
à venir.
Tant que le diagnostic ou le pronostic reste incertain, il est préférable
d'amener les parents à prendre conscience des possibilités et
des difficultés de leur enfant au fur et à mesure qu'elles émergent.
Il convient également de les amener à observer et à favoriser
le développement de celui ci.
Dans tous les cas, faire part aux parents des limites des connaissances et de
l'imprévisibilité dans le domaine pronostique n'est pas préjudiciable
à la relation entre les parents et les soignants, bien au contraire.
3. Préserver l'avenir
Il est important de mettre l'accent sur les compétences de l'enfant et le rôle que ses parents peuvent jouer dans son évolution, en évitant tout jugement définitif sur un état ultérieur. Il s'agit de leur présenter alors la diversité des prises en charge possibles pour leur enfant et pour eux-mêmes. Cette information sera complétée au cours du séjour et les relais seront mis en place avant la sortie de maternité ou du service de néonatologie.
C. - Le soutien et l'accompagnement des parents
lors de la naissance
1. Entourer l'enfant
Chaque nouveau-né est une personne avec ses besoins propres. Il conviendra donc d'accorder à chacun toute l'attention qu'il mérite et de tenir compte des éventuelles spécificités liées à son état de santé. Le regard attentif et respectueux porté par les soignants sur l'enfant reste essentiel.
2. Accompagner les parents
Une attention chaleureuse et soutenue doit être apportée
aux parents par chaque membre de l'équipe. Certaines mères aiment
être entourées, d'autres préfèrent être seules.
Certaines se trouvent dans des situations particulièrement difficiles
: isolement, extrême jeunesse, personnalité fragile, culture différente,
situation économique précaire. Le personnel soignant ajustera
son attitude à chaque situation. Chacun sera alors attentif à
donner les réponses relevant de sa compétence et à effectuer
un relais adapté pour les questions concernant un autre membre de l'équipe.
De façon générale, l'organisation de la maternité
doit permettre la présence de l'enfant auprès de sa mère.
Il faut éviter les séparations inutiles et aménager les
transferts qui s'avèrent nécessaires. Pour la mère qui
n'a pas pu être transférée avec son enfant, il conviendra
de prévoir l'organisation de visites dans le service où il est
hospitalisé chaque fois que cela est possible. Dans tous les cas, elle
sera mise en relation directe avec un membre de l'équipe de ce service.
En tout état de cause, tout sera mis en oeuvre pour favoriser les relations
entre les parents et l'enfant. Le père ne doit pas être marginalisé
mais bénéficier du même soutien car c'est le couple parental
qui a besoin d'accompagnement. les frères et soeurs, les grands-parents
peuvent aussi avoir besoin d'aide ou être associés au rôle
de soutien.
Enfin, par sa disponibilité constante et la qualité de son écoute,
l'équipe s'attachera à évoquer avec les parents, au cours
des entretiens successifs, les aspects futurs de leur vie sociale, familiale
et professionnelle pour éviter que leur vie ne se restreigne soudain
au seul handicap de leur enfant. Des contacts avec des associations de parents
seront systématiquement proposés afin d'aider à surmonter
le sentiment de solitude.
3. Organiser un travail en équipe
La qualité du travail en équipe étant étroitement liée, non seulement aux compétences, mais aussi à la complémentarité de ses différents membres, il est nécessaire que s'engage une réflexion commune sur le thème du handicap. En complément de celle-ci, il est important de permettre aux membres de l'équipe d'exprimer les difficultés qu'ils rencontrent. Ils seront aidés en cela par les psychiatres, les pédopsychiatres et les psychologues intervenant au sein des services de néonatologie et de réanimation néonatale. Les modalités de ces échanges pourront prendre différentes formes (groupe de parole, entretien individuel) et s'organiseront aussi bien au sein du service où est hospitalisé l'enfant qu'au sein d'autres services qui sont susceptibles d'intervenir auprès de lui (chirurgie pédiatrique, neuropédiatrie, cardiologie).
D. - La préparation de la sortie
L'ensemble des mesures prises pour préparer la sortie de l'enfant doit permettre de poursuivre son accompagnement et celui de ses parents afin d'éviter une rupture préjudiciable dans la prise en charge.
1. Le contact avec la maternité ou le service de néonatologie doit être maintenu
Il est utile d'identifier une personne référente, choisie par les parents, et qu'ils peuvent joindre en cas de nécessité, de proposer de revoir l'enfant et ses parents dès qu'ils en éprouveront le besoin.
2. Toutes les possibilités de prise en charge de l'enfant doivent être proposées
A la fin du séjour en maternité, lorsque le handicap de l'enfant présente d'emblée une certaine gravité, plusieurs cas peuvent être envisagés :
nécessité de maintenir l'enfant dans un service
de soins ; dans ce cas, l'équipe s'attachera à favoriser la poursuite
du lien familial ;
vie en famille avec prise en charge ambulatoire ;
vie dans un milieu familial d'accueil.
Il est également nécessaire que, très tôt, les familles
soient informées sur le congé de présence parentale. Ce
congé, créé pour les parents confrontés à
la maladie ou au handicap d'un enfant, permet à l'un des parents, dans
un cadre juridique clair, d'interrompre son activité professionnelle
pendant une période qui peut aller jusqu'à un an. Le parent perçoit
alors une allocation qui compense partiellement son revenu. Il peut être
partagé entre le père et la mère, à temps partiel.
Au terme de cette période, les parents ont l'assurance de retrouver leur
emploi.
Enfin, dans certains cas, les parents évoqueront la possibilité
de consentir à l'adoption de leur enfant ; ils seront alors mis en contact
avec un assistant du service social. L'orientation décidée à
la sortie devra s'adapter à l'évolution tant de la famille que
de l'enfant.
3. Divers services et professionnels pourront apporter leur aide ultérieurement
Les parents doivent être informés de la possibilité de rencontrer, s'ils le désirent, certains de ces intervenants dès le séjour de l'enfant à la maternité ou en néonatologie. Il peut s'agir :
de leur médecin traitant ;
de l'équipe du service de protection maternelle et infantile qui organise
des consultations de nourrissons de 0 à 6 ans ;
des travailleuses familiales et assistantes maternelles ;
de l'équipe d'un centre d'action médico-sociale précoce
(CAMSP) chargé d'une part de garantir, selon la pathologie diagnostiquée,
le suivi de l'enfant âgé de 0 à 6 ans et d'autre part d'assurer
sa rééducation et l'accompagnement de ses parents ;
de l'équipe d'un service d'éducation et de soins spécialisés
à domicile (SESSAD) qui offre une prise en charge individualisée,
à domicile ou à l'école, de l'enfant ou de l'adolescent
en favorisant son autonomie ;
du secteur de psychiatrie ;
des associations regroupant des parents d'enfants en situation de handicap.
Certains de ces intervenants doivent pouvoir se mettre en contact avec l'équipe
hospitalière pour assurer la continuité de la prise en charge.
Par ailleurs, au cours de leur cheminement, les parents seront progressivement
informés de l'existence et du rôle de la commission départementale
d'éducation spéciale (CDES) chargée de la reconnaissance
du handicap de l'enfant âgé de 0 à 20 ans, qui sera en mesure,
le cas échéant, de fixer un taux d'invalidité et d'attribuer
une aide financière (allocation d'éducation spéciale -
AES).
III. - LA FORMATION DES PROFESSIONNELS
Au-delà du contenu des formations initiales, qui sensibilisent
les professionnels de santé à cette thématique, se pose,
à titre prioritaire, la question de la formation continue de chaque professionnel.
A ce titre, quatre principes doivent prévaloir dans les formations qui
seront organisées :
Il est fondamental pour les équipes de l'ensemble des services concernés
d'acquérir une culture commune. Pour ce faire, les formations s'adresseront
aux équipes médicales (médecins, sages femmes), aux équipes
paramédicales et médico-sociales (puéricultrices, infirmières,
auxiliaires de puériculture, aides soignantes, assistants du service
social, éducateurs spécialisés de jeunes enfants, psychologues,
psychomotriciens, kinésithérapeutes), aux personnels de service
et aux personnels administratifs.
Afin d'assurer une réelle continuité dans la prise en charge,
il est indispensable d'organiser ces formations en lien étroit avec les
acteurs extra hospitaliers (médecins et sages femmes libéraux,
psychologues), avec les services des départements, des communes et avec
les associations concernées.
Ces formations seront actualisées régulièrement pour garantir
un niveau de savoir-faire optimal et tenir compte de l'avancée des techniques
et du renouvellement des équipes.
Les associations de parents d'enfants handicapés et d'adultes handicapés
seront invitées à participer à ces formations y compris
sous la forme de stage pratique.
Compte tenu de l'importance de ce thème, il est inscrit dans le cadre
des orientations et axes de formation prioritaires, à caractère
pluriannuel, concernant l'ensemble des fonctionnaires hospitaliers des établissements
publics de santé.
Les commissions régionales de la naissance et les centres pluridisciplinaires
de diagnostic prénatal seront chargés, au titre de leurs missions,
de relayer le contenu de la présente circulaire en organisant des formations
théoriques et pratiques destinées aux professionnels concernés.
Dans le même esprit et selon la pathologie de l'enfant, d'autres centres
de ressources spécialisés (centres régionaux de ressources
pour l'autisme, centres nationaux de ressources pour les handicaps rares...)
seront utilement associés à ces actions de formation.
Un comité national technique de l'échographie de dépistage
anténatal est créé. Ce comité sera notamment composé
de professionnels pratiquant les échographies de dépistage anténatal,
de représentants d'associations de parents d'enfants handicapés,
et de représentants des ordres professionnels. Il sera chargé,
dans le cadre de ses missions, de développer une stratégie d'information
sur l'intérêt et les limites de l'échographie de dépistage
anténatal.
Par ailleurs, afin de permettre une information la plus large possible des professionnels
de santé, nous avons décidé de créer un dossier
présentant une bibliographie et filmographie de référence
sur le site internet du ministère de l'emploi et de la solidarité.
Enfin, chaque année, une journée nationale sera organisée
sous l'égide du ministère chargé de la santé réunissant
l'ensemble des professionnels concernés par l'annonce d'une anomalie
en période périnatale. Elle sera l'occasion, pour les professionnels,
d'exposer leurs expériences, de confronter leurs pratiques et de débattre.
Compte tenu des enjeux qui entourent l'annonce prénatale ou postnatale
d'une anomalie, la mobilisation de l'ensemble des acteurs impliqués est
primordiale pour réaliser l'accompagnement des parents et l'accueil de
l'enfant dans les meilleures conditions possibles.
La ministre déléguée à
la famille, à l'enfance
et aux personnes handicapées,
Segolene Royal
Le ministre délégué à la santé,
Bernard Kouchner
Page réalisée par
le Centre de Documentation de l'AP-HP, (DRH / Centre
de la Formation et du Développement des Compétences)
Contact : centre.doc@dfc.aphp.fr